Éclipse

Leila Zelli, Éclipse, 2015, vidéo d’animation, couleur, 6 min 15 s
Texte d’accompagement Des têtes (1989) de Jean-Luc Parant  

Hommage aux victimes décapitées par le groupe armé État Islamique (2015)
Présenté pour la première fois à l’éxposition des finissants du BAC Passage à découvert, 24 avril au 9 mai 2015 à la Galerie de l’UQÀM, Montréal
Prix Jean Pitre et Claude Leclerc
Collection du Musée d’art contemporain de Baie Saint-Paul



«L’homme ne voit pas sa tête, il voit son corps, il voit ce qui est le plus touchable à l’obscurité. Si les hommes lui coupent la tête c’est parce que la tête est ce que l’homme voit le plus des hommes et ce que l’homme voit moins de lui-même. Ils lui coupent la tête parce qu’ils croient que sa tête en plein jour fait de l’ombre à la leur. Ils lui coupent la tête pour ne plus être vus par ses yeux.
Les hommes ont coupé la tête de l’homme sans que l’homme la voie pour la faire disparaître devant leurs yeux. Car sans sa tête l’homme se met à tourner dans le vide, sans sa tête il est sans le soleil perdu dans l’infini. Si sans sa tête l’homme perd la terre sous ses pieds, les hommes lui ont coupé la tête pour lui faire perdre le soleil sur ses épaules. »

Jean-Luc Parant, Des têtes, 1989






Photo : Galerie de l’UQÀM